Les Roses entre l'inconnu et l'optimisme à l'approche de leur saison inaugurale
Faute de connaître le niveau de jeu qui s'établira lors de la saison inaugurale de la Super Ligue du Nord (SLN), les joueuses et la direction des Roses de Montréal se concentrent sur leur propre préparation en vue de leur premier match, le 19 novembre.
Tout devient chaque jour un peu plus concret pour la nouvelle équipe de soccer féminin de la métropole. Quelques heures après un tout premier match amical devant des spectateurs, samedi à Québec, les joueuses se sont réunies au Centre sportif Bois-de-Boulogne pour la prise des photos officielles, lundi.
Tous et toutes semblaient d'accord pour dire que tout a été fait depuis le début du camp d'entraînement afin de préparer l'équipe. Mais une inconnue demeure: impossible de prévoir avec exactitude quel sera le calibre de jeu du nouveau circuit, même si les formations des six équipes ont été partagées.
« Je crois qu'on est tous un peu stressés par le niveau, a reconnu la directrice sportive Marinette Pichon, alors qu'une ambiance festive régnait dans les installations toutes neuves de l'équipe, à Laval. On sait à peu près les niveaux et ce à quoi s'attendre, mais c'est toujours pareil: il y a une formation et puis après, il y a toutes ces chimies qui doivent se créer sur le terrain. »
Dans la formation montréalaise, certaines joueuses québécoises amorceront leurs carrières professionnelles. Quelques-unes avaient pratiquement abandonné l'idée de faire du soccer un gagne-pain avant que les Roses ne voient le jour. D'autres arrivent d'Europe avec de gros bagages d'expérience.
Toute l'expérience du monde pourrait toutefois ne pas suffire. Très peu d'athlètes dans le monde peuvent se vanter d'avoir participé à la création d'une toute nouvelle ligue. La clé, aux yeux de Gabrielle Lambert, c'est de se concentrer sur l'équipe plutôt que sur les adversaires.
« C'est sûr que c'est différent de ce que j'ai vécu, a commencé par dire la gardienne de 31 ans qui a joué en France et en Allemagne. D'habitude, tu arrives dans un club, tout est déjà en place, les règles sont en place et la ligue est en place. Tu sais à peu près où l'équipe se situe dans le tableau, les trois quarts des joueuses sont déjà installées. [Ici], tout est nouveau, tout est à refaire. »
« Le plus important, c'est de te concentrer sur toi, sur l'équipe, sur comment on veut performer et faire les choses. Puis, après ça, on s'adaptera peut-être en conséquence, parce que forcément, quand tu affrontes cinq fois la même équipe dans l'année, tu peux t'adapter. Mais ce qui est le plus important, c'est nous. Si on a les bonnes bases, c´est plus facile après de s'ajuster. »
Dans cette optique, le nouveau groupe n'a que quelques semaines pour faire monter la pâte, sous l'œil attentif de l'entraîneur-chef Robert Rositoiu, afin d'amorcer la saison du bon pied et se classer parmi les quatre équipes qui participeront aux éliminatoires.
Rositoiu s'est dit satisfait de ce qu'il a vu lors des deux premiers matchs préparatoires de l'équipe. Par ailleurs, une période d'adaptation sera également nécessaire pour ses adjoints et lui d'un point de vue tactique.
« Les deux matchs ont bien été en termes de performance par rapport à où on est, sachant qu'on est parti de zéro, s'est réjoui le pilote. Maintenant, on a beaucoup de travail à faire et les filles l'ont ressenti déjà par elles-mêmes. »
« Puis il faut aussi trouver ce juste équilibre entre la structure qu'on leur donne offensivement et défensivement, mais aussi la liberté qu'on leur laisse. »
Patience
Le défi est grand et les questions demeurent nombreuses. Mais parole de Marinette, la patience sera de mise, question de permettre aux membres du club de trouver leur erre d'aller.
« Je pense qu'il faut qu'on reste les pieds sur terre, on est une ligue naissante, a lancé Pichon. Ces filles ne se connaissaient pas, n'ont jamais joué ensemble. Il va falloir laisser du temps. Peut-être que ça va être super au début, peut-être que ça va être moins bien et que ça va monter en puissance. Ça va être une question de patience. »
«Moi, je veux être patiente avec mon personnel, je vais être patiente avec mes joueuses. Je ne veux pas les mettre sous pression. Je veux qu'elles sachent qu'elles ont le temps de progresser et qu'elles ont le temps d'arriver à maturité sur leur identité de jeu, comme pour le personnel. Donc j'ai dit, dès le départ avec les propriétaires, avec le personnel et avec la présidente: on va leur laisser du temps.»
L'optimisme était néanmoins bien présent à l'approche du premier match de saison contre Toronto. Un sentiment d'unité rallie les troupes.
« [La direction] a vraiment choisi des joueuses avec une personnalité typique, une joueuse qui est travaillante, qui est adaptable, qui va aller se battre, pas nécessairement une joueuse talentueuse qui va être un peu égoïste, » a présenté Mégane Sauvé.
« Nous, on est vraiment un groupe qui est uni à fond. Je pense que ça, c'est juste encourageant pour la suite. »