Un record? Ouin pis...
MONTRÉAL – Tenter de soutirer à Lane Hutson une exclamation de joie après avoir réécrit une page du glorieux livre des records du Canadien, c'est comme essayer de lui barrer le chemin en zone ennemie.
Bonne chance.
Bien que souriant à l'évocation de l'exploit qu'il venait à peine d'accomplir, soit celui de surpasser Chris Chelios pour le plus de passes amassées en une saison par un défenseur recrue du Tricolore (55), Hutson ne s'est pas éternisé sur le sujet dans le vestiaire des siens après l'improbable victoire de 3-2 en prolongation sur les Panthers de la Floride mardi soir au Centre Bell.
« J'imagine que, oui, c'est cool. Mais on est impliqué dans une très bonne course aux séries, et c'est tout ce qui compte », s'est limité à dire celui qui a récolté une mention d'aide sur chacun des trois buts du CH, portant son total à 57, deux de plus que son célèbre compatriote américain.
« C'est une légende (Chelios). En grandissant à Chicago, j'ai entendu parler de ses exploits. C'est cool à entendre, c'est sûr, mais beaucoup de choses tournent en ma faveur. Ça rend cette saison très amusante. »
Et elle semble l'être de plus en plus pour le spectaculaire petit no 48, alors qu'une place en séries se profile à l'horizon. Que celle-ci se matérialise ou non pour le Canadien, Hutson a certes l'occasion d'ajouter non seulement un chapitre au livre des records de son club, mais aussi à celui de la LNH.
Le record absolu de 60 passes pour un défenseur recrue, détenu par Larry Murphy depuis la campagne 1980-1981, est plus que jamais à la portée de Hutson avec encore huit matchs à jouer avant la conclusion du calendrier régulier.
Et si Hutson nous a déjà habitués à une chose, c'est que plus l'enjeu est élevé, plus il brille. Il accélère plutôt que de ralentir, alors qu'il achève sa saison la plus occupée en carrière.
« C'est facile quand on est dans une course aux séries, qu'on est affamé, et que tout ce qu'on veut c'est aider l'équipe, peu importe la façon. J'ai le sentiment que j'apprends beaucoup et que j'ai encore des tonnes de choses à apprendre. C'est juste le fun. »
Suzuki le « processeur »
Parlant de joueurs des grands moments, Nick Suzuki remporte la palme. Encore.
Avec le but égalisateur, puis celui décisif en prolongation, le capitaine du Canadien a porté sa récolte depuis la pause de la Confrontation des 4 nations à 10 buts et 27 points en 18 matchs, le quatrième meilleur rendement dans la LNH au cours de cette période derrière Nikita Kucherov (29), Robert Thomas (28) et Roope Hintz (28).
Mardi, c'est son calme, jumelé à son instinct et son intelligence sur la patinoire qui lui ont permis d'être au bon endroit au plus opportun des moments pour pousser le retour de lancer inattendu de Hutson dans une cage béante et ainsi créer l'égalité avec 8,4 secondes à faire à la période.
« C'était un bond chanceux, mais il y avait quelqu'un du bon côté de celui-ci et je suis heureux que ce soit lui », a observé l'entraîneur-chef Martin St-Louis.
« Son processeur, son système d'exploitation, relève de l'élite, a poursuivi l'entraîneur. Il a tous les outils pour faire ce que son cerveau lui dit de faire. On l'a vu ce soir à de multiples occasions.
« C'est un gars fier, il veut mener cette équipe et c'est ce qu'il fait. Même avant la pause [de la Confrontation des 4 nations], il jouait bien, mais là c'est à un niveau encore supérieur. »