Martin St-Louis offre de précieux conseils aux espoirs de la LHJMQ
Assis dans le fond de la salle de conférence de presse du Centre Bell, Justin Carbonneau regrettait de ne pas avoir de cahier pour prendre des notes.
L'attaquant de l'Armada de Blainville-Boisbriand était l'un des six espoirs de la Ligue de hockey junior Maritimes Québec à participer à une tournée médiatique, mardi, en plus de pouvoir assister au duel entre le Canadien de Montréal et les Hurricanes de la Caroline en soirée.
Ils ont d'abord regardé l'entraînement matinal optionnel du Tricolore. Ils ont ensuite rencontré quelques joueurs dans le vestiaire pendant la disponibilité média, puis ont assisté au point de presse de l'entraîneur-chef Martin St-Louis.
« Il a dit tellement de choses pertinentes, a souligné Carbonneau. Le voir en vrai, de pouvoir y parler, il y a tellement de questions que j'aurais voulu lui poser. Il nous a donné des conseils importants. »
« C'était intéressant de voir à quel point tout ce qu'il dit est pertinent, et à quel point le prochain niveau est professionnel », a-t-il ajouté.
St-Louis a parlé de l'importance pour le jeune attaquant Owen Beck de jouer le jeu qui se présente à lui, au lieu de vouloir forcer les choses. Il a aussi vanté le travail du défenseur des Hurricanes Jaccob Slavin, qui « prend soin de l'équipe » en brillant dans sa zone. Il a aussi noté l'engagement de ses joueurs à leur retour de la pause pour la Confrontation des 4 nations, ce qui a mené vers une victoire convaincante de 5-2 face aux Sénateurs d'Ottawa, samedi.
« Il parle de tellement de détails du jeu que, oui, nos entraîneurs nous en parlent, mais ça fait réaliser que c'est encore plus important au niveau suivant, a dit l'attaquant des Wildcats de Moncton Caleb Desnoyers. La marge d'erreur se rétrécit à chaque niveau. »
« Il (St-Louis) est un très bon modèle québécois pour les jeunes joueurs d'ici, avec la carrière qu'il a connue, et le très bon boulot qu'il fait comme entraîneur », a ajouté Desnoyers.
Pour l'honneur de la LHJMQ
Les jeunes Québécois ont de moins en moins de modèles locaux dans la LNH. Après les Richard, Béliveau, Lafleur, Roy ou même Dionne, Lemieux, Brodeur et Luongo, qui n'ont pas joué pour le Canadien, les étoiles provenant de la Belle Province se font plus rares.
Le gardien du Canadien Samuel Montembeault était le seul Québécois au sein de la formation canadienne à la Confrontation des 4 nations.
Interrogés sur les joueurs qu'ils ont idolâtrés durant leur enfance, Carbonneau et le gardien montréalais Lucas Beckman ont parlé de P.K.Subban et Carey Price. Zachary Morin, lui, a mentionné David Desharnais, aimant surtout son style et la manière dont il enrubannait son bâton.
À leur défense, aucun joueur de la LHJMQ n'a été sélectionné en première ronde lors des deux dernières années. Alexis Lafrenière est le dernier joueur québécois de la LHJMQ à avoir été choisi au sein du top-5, ayant été sélectionné au premier rang en 2020. Dans les 15 dernières années, il y a aussi eu Pierre-Luc Dubois, au troisième rang en 2016, Jonathan Drouin, au troisième rang en 2013, et Jonathan Huberdeau, au troisième rang en 2011.
Du côté des gardiens, Olivier Rodrigue est le dernier à avoir été choisi au sein des deux premières rondes, lui qui a été sélectionné au 62e rang, par les Oilers d'Edmonton, en 2018.
Desnoyers et Carbonneau sont respectivement classés aux septième et 13e rangs des meilleurs espoirs nord-américains selon la Centrale de recrutement de la LNH. Ils n'ont pas peur d'admettre ouvertement qu'ils aimeraient bien mettre fin à la disette de la LHJMQ en première ronde.
« Ce serait une énorme fierté de démontrer que la LHJMQ est compétitive », a dit Desnoyers.
Pour sa part, Beckman est classé au troisième rang parmi les gardiens nord-américains, et il pourrait être sélectionné en deuxième ronde, selon certains observateurs. Beckman, qui évolue avec le Drakkar de Baie-Comeau, se préoccupe un peu moins de son futur rang de sélection.
« C'est certain que ce serait vraiment spécial d'être choisi en première ou deuxième ronde, mais ça ne me dérangerait même pas de ne pas être repêché, a-t-il déclaré. J'ai du plaisir à jouer au hockey. Je travaille fort. Si une équipe veut me donner une chance, je vais tout faire pour la saisir. »
L'approche de Beckman demeure la plus réaliste. Les espoirs se font souvent rappeler qu'ils repartent tous à zéro après le repêchage, qui ne marque que le début de leur association avec une équipe professionnelle. Ils doivent ensuite travailler fort pour gagner un poste dans la LNH.
À ce niveau, St-Louis leur a rappelé que la compétition sera forte, puisque les équipes ajoutent chaque année de nouveaux espoirs à leur bassin. Et il y a aussi des joueurs non repêchés qui réussissent à se frayer un chemin dans la cour des grands... comme un certain Martin St-Louis.