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Nick De Santis est triste de voir ce qui arrive au CF Montréal et se questionne sur sa philosophie

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Nick de Santis est affligé par les insuccès du CF Montréal qui se prolongent, menant à un autre congédiement, celui de Laurent Courtois, lundi matin.

Ancien joueur et entraîneur-chef, ainsi qu'ancien directeur sportif de l'Impact de Montréal dans les premières années d'activités du club dans la MLS, de Santis sentait que Courtois était sur un siège éjectable dès le début de saison.

« Je n'étais pas surpris. Au début de l'année, le club a parlé des attentes qu'il voulait mettre en place et je me suis dit que si ça ne marche pas bien dans les premiers matchs, ils vont être dans une situation où ils doivent prendre une décision. Après cinq matchs, avant que ça empire, je pense qu'ils ont pris cette décision pour changer les choses », a-t-il déclaré au 5 à 7 mardi.

Il s'agit d'un 11e changement d'entraîneur en 13 ans. Un manque de stabilité qui perdure depuis 2012 et une valse d'entraîneurs qui se solde inévitablement par le même constat d'échec.

« Ce n'est pas bon. Quand j'étais avec le club, les attentes étaient quand même très, très élevées. Mais avec les joueurs qu'on amenait et les sous qu'on dépensait, le club voulait gagner. Et je pense que c'est une philosophie qui a grandi avec le temps. C'était clair que quand les choses allaient un peu moins bien, il y avait toujours une réaction. On arrivait d'une deuxième ligue avec la USL où on était toujours une équipe très compétitive et on a gagné des championnats pour passer en MLS. 

« Au début avec Jesse Marsch (le premier entraîneur de l'équipe en MLS, NDLR), on avait mis des objectifs, c'était de compétitionner. On a montré au monde avec les joueurs qu'on a amené que l'équipe compétitionnait. Avec notre manque d'expérience en MLS et notre histoire de toujours vouloir gagner, on a pris des décisions où je pense qu'on a fait une erreur parce qu'on n'a pas continué avec le plan qu'on a mis en place. Avec le temps on a grandi et on a essayé d'apprendre de ces erreurs. Mais aujourd'hui, c'est plutôt compliqué, puisque je suis à l'extérieur, de savoir exactement tout ce qui se passe; je me demande toujours quel est le plan et quel est l'objectif, est-ce que c'est clair avec l'entraîneur et le directeur sportif, qui prend les décisions et dans quelle direction ils veulent aller. »

Aujourd'hui, de Santis suit les activités de l'équipe comme partisan après 26 années au sein de l'organisation. Après avoir su attirer des Didier Drogba et Ignacio Piatti, de grands joueurs marquants, le CF Montréal semble davantage développer de jeunes joueurs qui aspirent à faire le saut en Europe et qui sont éventuellement transférés pour des compensations financières.

Au moment actuel, le CFM est dernier dans l'Association Est, a le pire différentiel et la plus petite masse salariale de la ligue, et il n'y a pas de joueur vedette suscitant l'engouement d'autrefois.

« Il faut comprendre aussi le marché. Quand j'étais avec l'équipe, Joey était le président puis j'étais le directeur sportif et son homme de confiance. On était d'abord les plus grands fans de l'équipe. Pour moi, vendre l'équipe était très facile parce que tout le monde qui venait ici savait ce que ça veut dire l'Impact de Montréal et les attentes étaient très élevées. Je ne connais pas les attentes actuelles des propriétaires. C'est sûr que quand tu dépenses plus d'argent, notamment pour les DP (joueurs désignés), mais que vous ratez votre coup sur votre DP, ça va être compliqué, c'est beaucoup de sous. Je suis assez fier de dire que nos DP ont tous amené quelque chose d'important envers le club.

« Je suis triste parce que c'est une mentalité différente. Ils ont changé leur philosophie. Je pense que leur philosophie maintenant est d'essayer de développer des joueurs locaux et de les mettre en vitrine, parce que la MLS est devenue une vitrine importante pour vendre des joueurs en Europe. Mais est-ce que toute la structure est mise en place pour mettre ces joueurs dans la meilleure condition pour avoir du succès et avoir de la valeur? Ça, ça dépend aussi du marché. Si l'équipe voit qu'il y a encore 19 000 personnes par match au stade, ça se peut que le club se dise que le monde vient quand même… Je ne sais pas, je ne suis plus dans la dynamique au quotidien. Je ne sais pas c'est quoi leur philosophie, mais je sais qu'ils ont beaucoup parlé de jeunes joueurs et du développement de l'Académie. C'est pour ça que je me demande si ça, c'est la bonne structure pour qu'ils aient du succès. »

Selon de Santis, qui est désormais consultant pour la formation féminine des Roses de Montréal, le nouvel entraîneur Marco Donadel a ce qu'il faut pour relever le niveau d'intensité et d'engagement de l'équipe qui manquent cruellement.

« Je connais Marco personnellement et il connaît le club personnellement en ayant passé plusieurs années ici. C'est une personne qui se donne à fond dans tout ce qu'il fait, comme joueur aussi il a compris tout de suite qui on était, comment on voulait aller vers l'avant et il a beaucoup aimé la ville. Il est attaché à cette ville et ce club. Tout de suite il va amener cette ardeur au travail et cette passion, il va générer de l'énergie et transmettre ce qu'il ressent aux joueurs. De ce que j'ai vu, je perçois qu'il y a un manque d'intensité, d'attachement et de ressenti. On a des responsabilités envers le club et les joueurs et il faut se donner à fond. Si on augmente ce pourcentage-là, ça peut déjà avoir une petite différence. »