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RÉSULTATS

Gabrielle Carle : Redéfinir l'échec après une déception

Gabrielle CarleGabrielle Carle - Getty
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Mise à jour

COLLABORATION SPÉCIALE

 

Il était une fois, une jeune fille de 10 ans qui rêvait de représenter son pays à la Coupe du Monde, aux Jeux olympiques.

 

Il était une fois, une adolescente qui était prête à faire tous les sacrifices nécessaires pour atteindre son rêve.

 

Il était une fois, une jeune adulte ayant passé tellement de temps à poursuivre l'excellence, la perfection, que tout résultat autre que l'atteinte de ses objectifs était pour elle un échec.

 

L'échec.

 

Jusqu'à récemment, j'avais une vision très noire et blanche de l'échec. Si je n'atteignais pas les objectifs que je m'étais fixés, irrévocablement, ça voulait dire que j'avais échoué. Que je n'étais pas à la hauteur de mes ambitions. Inconsciemment, c'était la peur d'échouer qui me motivait, et j'en subissais les conséquences psychologiques.

 

Dans la dernière année, j'ai commencé à me demander pourquoi tout dénouement où je n'atteignais pas mes objectifs était pour moi synonyme d'humiliation totale. Après tout, cette conviction, c'est un fardeau que je me suis moi-même imposé. Éventuellement, j'ai réalisé que la source de mon problème résidait dans ma manière de définir l'échec et la réussite.

 

Pour moi, l'échec était un concept objectif, coulé dans le béton. En vérité, c'est une réalité qui dépend largement de notre manière de définir ce que nous considérons comme un échec et comme une réussite. Et depuis des années, je définissais mon succès en fonction de décisions qui, au final, étaient largement hors de mon contrôle. Si j'étais retranchée d'une sélection, si je passais beaucoup de temps sur le banc, ça voulait dire que je n'étais pas assez bonne.

 

Pourtant, penser de cette manière, c'est définir sa valeur à travers le regard d'autrui, et en fin de compte, laisser des facteurs extérieurs dicter notre perception de notre succès.

 

Depuis cette réalisation, j'essaie de définir mes échecs et mes réussites en fonction de paramètres internes, et non externes. Bien sûr, certaines réussites dépendent autant de ma propre performance que de la perception de l'entraîneur. Cette perception est cependant hors de mon contrôle, et bien qu'elle définisse mon succès extérieurement, elle n'affecte plus la manière dont je me perçois. Mon succès dépend maintenant de ma capacité à maintenir, jour après jour, les standards qui me permettront de devenir la joueuse de soccer et la personne que j'aspire à être.

 

Récemment, la porte d'entrée pour la Coupe du Monde s'est refermée devant moi. Je ne mentirai pas, c'était une grande déception. Mais aujourd'hui, je ne le vois pas comme un échec. L'échec, ça aurait été de laisser cette décision teinter la joie que je ressens lorsque je suis sur le terrain.

 

Des déceptions, il en arrive fréquemment dans le sport. L'important, c'est de ne pas laisser ces revers supplanter le bonheur que le sport nous apporte. Avec le Washington Spirit, je suis satisfaite de mes performances et je suis heureuse autant sur le terrain qu'à l'extérieur de celui-ci. Et pour moi, c'est ce qui compte le plus, ce que je considère comme une réussite. Si l'équipe nationale appelle dans le futur, ce ne sera que la cerise sur le gâteau.