Ce n’est pas que Kim Clavel ne se sentait plus la bienvenue chez Groupe Yvon Michel, mais visiblement, les deux parties étaient rendues au bout de leur partenariat qui remontait à février 2020. Une association fructueuse – la Québécoise est devenue championne du monde – qui n’avait toutefois plus sa raison d’être en ces temps nouveaux en boxe féminine.
Deux jours après la confirmation de sa mise sous contrat par MVP Promotions, l’entreprise de Jake Paul a annoncé qu’elle combattra en championnat du monde en finale d’un gala dont elle sera la tête d’affiche et qui sera organisé le 27 septembre à l’Espace St-Denis. Une opération que son ex-promoteur Yvon Michel n’était simplement pas en mesure de financer.
« Je regarde les shows de MVP depuis longtemps et me rappelle avoir dit à mes entraîneurs : “wow! J’aimerais tellement ça être sur un de ces gros shows-là, ça me donne des frissons”, a raconté l’athlète âgée de 34 ans en visioconférence jeudi. Mais je sais que la boxe, ça ne va pas toujours au mérite. C’est une histoire de contacts, de talent et de plusieurs choses.
« Le Québec, c’est petit quand même, surtout la partie francophone, et quand Yvon m’est arrivée avec ça (une entente avec MVP, NDLR), j’ai trouvé que c’était vraiment un acte d’une grande générosité que je n’oublierai jamais. On s’est parlé au téléphone et il m’a dit : “quand le train passe, parfois, il faut sauter dedans”. C’est une belle opportunité. Je suis vraiment excité. Je motivée de ça. J’ai pleuré de joie. Je suis contente d’être maintenant avec MVP. »
Michel ne sera cependant pas très loin, car même si MVP est dorénavant le promoteur « exclusif » de Clavel, le promoteur québécois sera « partenaire » des événements canadiens auxquels elle participera et « associé » lors de ses combats « à l’extérieur », a-t-il mentionné.
Bref, l’expertise de Michel continuera d’être mise à profit, mais c’est MVP qui commandera.
« C’est certain qu’avec MVP, j’ai la chance d’avoir la certitude d’avoir des gros combats et des opportunités, a avoué Clavel. Devenir championne du monde, unifier... il y a beaucoup de possibilités. J’ai aussi un peu l’impression d’avoir moins de pression sur les épaules.
« Avec Yvon, il y avait moins de boxeurs. [MVP] ne dépend pas de moi. J’ai juste à me focuser sur performer et m’entraîner. Je suis une grande âme sensible et des fois, il y a certaines choses. Yvon, Alexandra (Croft, vice-présidente exécutive chez Groupe Yvon Michel, NDLR), on a énormément de respect et je sais qu’ils veulent le mieux pour moi, puis en ce moment, le mieux pour moi, c’est MVP. La certitude des gros combats pour redevenir championne. »
D’autant plus que c’est précisément là où Clavel en est rendue dans sa carrière, après avoir passé 2024 à se reconstruire à la suite de ses deux défaites contre Yesica Nery Plata et Evelin Nazarena Bermúdez en janvier et octobre 2023. Elle l’a d’ailleurs prouvé en février dernier en battant Anabel Ortiz par décision unanime des juges, malgré un mauvais départ.
Après cette victoire où elle a mis la main sur deux ceintures mineures, la Québécoise s’est retrouvée classée 1re au WBC et à la WBO chez les poids mi-mouches et 1re à la WBA et 2e à l’IBF chez les pailles. Depuis ce moment-là, elle ne voulait plus jamais regarder derrière.
« La route n’a pas été facile ou simple. J’ai vécu plusieurs expériences, des montagnes russes avec les victoires, les défaites et les blessures, a rappelé Clavel. Je n’ai pas réussi contre Plata et je suis passée si près contre Bermúdez. La troisième fois va être la bonne. »
Cette troisième fois sera face à la détentrice du titre des pailles de l’IBF, l’Argentine Sol Cudos, qui est devenue championne en battant sa compatriote Maria Sol Baumstarh par décision partagée en avril dernier à Buenos Aires. Elle est invaincue en 12 affrontements.
Il est toutefois difficile de mesurer avec précision le niveau de Cudos (10-0-2, 3 K.-O.) avec précision, étant donné qu’elle ne s’est jamais battue à l’extérieur de l’Argentine et que son opposition n’a rien à avoir avec celle à laquelle Clavel (21-2, 3 K.-O.) a fait face en carrière.
« C’est une très bonne boxeuse qu’il ne faut pas prendre à la légère, a prévenu Clavel, qui est en camp d’entraînement depuis un mois Elle est bonne dans tous les départements. C’est une bonne technicienne qui cogne assez dur. C’est une fille qui travaille en volume, qui a des bons déplacements. Ça va être un choc des styles qui va être assez spectaculaire.
« C’est un combat important qui va dessiner la suite de ma carrière. C’est ma motivation. »
Clavel ne sera pas la seule tête d’affiche locale de l’événement, puisque Tammara Thibeault combattra en demi-finale. Les boxeurs de Groupe Yvon Michel Mazlum Akdeniz et Loick Lahaie ainsi que la jeune sensation Omar Zaatiti Alieh seront également de la sous-carte, tout comme les athlètes de MVP Amanda Galle, Javon Walton et finalement Noamy Valle.
L’identité de leurs adversaires est encore inconnue, mais Thibeault a déjà préparé le terrain et affirmant qu’il ne s’agira certainement pas du combat le plus significatif de sa carrière.
« J’arrive d’un gros combat (contre Mary Casamassa, NDLR) en sous-carte d’Amanda Serrano et Katie Taylor, a expliqué Thibeault. Mon prochain combat en sera un d’expérience, parce que c’est mon quatrième chez les pros. On verra vraiment pour la suite des choses. »
Thibeault est première aspirante au titre des moyennes de la WBA présentement vacant.





