MONTRÉAL – Davis Alexander n’a pas caché qu’il s’attend à recevoir un appel de la NFL après les éliminatoires de la LCF alors que Tyson Philpot espère la même chose, ce qui ne diminue en rien leur amour envers les Alouettes et Montréal.
On a consulté cinq sources bien branchées autant dans la LCF que la NFL pour essayer de décortiquer ce sujet qui comporte plusieurs niveaux de complexité.
Alexander et Philpot ont également accepté d’aborder ce dossier puisque les Alouettes disposaient d’une semaine de préparation dans l’attente de connaître leur adversaire en finale de l’Est.
« Je suis plutôt certain que oui. Il y a eu une petite ouverture l’an dernier, mais j’étais évidemment très amoché avec ma blessure. Je suis sûr que je recevrai un appel, mais ce n’est pas la priorité pour l’instant », a confié Alexander avec sa franchise habituelle.
« J’ai été plutôt clair sur mon point de vue. Il faudrait une offre avec une somme d’argent considérable pour que j’y pense, car j’adore être à Montréal et je suis très reconnaissant envers les Alouettes. Je ne crois pas que l’herbe est toujours plus verte ailleurs. Il y a beaucoup de choses à considérer et je n’ai pas encore vraiment approfondi la question », a enchaîné le talentueux quart.
Cette saison, Alexander a anéanti ses adversaires avec 35 passes de touché contre seulement 4 interceptions, faisant grimper son ratio à 51 contre 10 depuis ses débuts dans la LCF.
Inutile d’être un expert de la NFL pour constater que quelques équipes éprouvent des ennuis à la position de quart-arrière. Pensons à des organisations qui essaient de s’imposer avec des quarts comme Malik Willis (Dolphins), Daniel Jones (Colts), Geno Smith (Jets) et Jacoby Brissett (Cardinals).
Avec la confiance qui l’anime, est-ce qu’Alexander se dit parfois qu’il pourrait se débrouiller aussi bien qu’eux?
« Je suis extrêmement fier du quart-arrière que je suis devenu par rapport à mes années universitaires et l’évaluation que les équipes de la NFL ont pu faire de moi à ce moment. J’ai énormément appris des grands quarts que j’ai côtoyés. J’ai toujours eu un certain talent brut, mais je ne l’avais jamais exploité entièrement avant. Donc, oui, parfois… avec ma capacité à lancer le ballon, je me dis que je peux probablement réussir n’importe quelle passe », a-t-il réagi.
Et quand on observe Alexander (six pieds et 210 livres), il est difficile de ne pas trouver des ressemblances – autant dans le style que le physique – avec Baker Mayfield (six pieds un pouce et 215 livres) des Buccaneers.
Voici maintenant l’avis des experts consultés.
« La NFL sonde les équipes de la LCF pour savoir quels joueurs qui pourraient cadrer dans la NFL. Évidemment, les noms de Philpot et Alexander sont sur cette liste de joueurs qu’ils peuvent observer », a précisé une première source.
« Mais, par respect pour les clubs de la LCF, les équipes de la NFL vont plus attendre après notre année. De toute façon, nos joueurs ne peuvent pas aller les aider tant que l’année n’est pas complétée », a ajouté ce contact.
Pour notre deuxième source, il serait « très surprenant » qu’Alexander obtienne un essai dans la NFL. Il a cité l’exemple de Jack Plummer qui a passé la saison 2024 avec les Panthers de la Caroline avant d’être libéré en 2025. En 2026, Plummer a été nommé le joueur par excellence en UFL sans que ce soit suffisant pour retourner dans la NFL. Plummer est plus imposant à six pieds cinq pouces et plus jeune d’un an.
« Ça ne donne pas beaucoup de chance à Davis. Il ne faut pas oublier que les équipes de la NFL ont déjà trois quarts-arrières au sein de leur formation et parfois un quatrième sur l’équipe d’entraînement. C’est difficile de se frayer un chemin à travers tout ça. »
Le même son de cloche a retenti chez un autre contact.
« Davis a beaucoup de talent, mais il y a une fenêtre d’âge et à 28 ans, ce sera vraiment sa dernière chance à mon avis pour tenter son coup et je ne pense pas qu’il parviendra à s’établir dans la NFL. Le terrain est plus gros dans la LCF, tu peux plus facilement esquiver un joueur qui est parfois moins rapide que dans la NFL », a-t-il analysé.
Un troisième informateur, qui a gravité dans la NFL, a indiqué qu’il n’avait rien entendu récemment à propos d’un intérêt d’une équipe envers Alexander ou Philpot.
« Un essai, peut-être que ça pourrait arriver. Mais c’est vraiment difficile de dire si un joueur de la LCF peut réussir dans la NFL, parce que c’est tellement différent comme football », a-t-il ajouté.
En ce qui concerne le volet salarial, Alexander dispose d’un contrat encore valide pour les saisons 2027 et 2028. Il pourrait toucher un peu de 500 000$ pour chaque saison. Il sera intéressant de voir si le lucratif nouveau contrat signé par Chad Kelly, qui lui rapportera plus d’un million par saison, pourrait inciter les Alouettes à majorer celui d’Alexander. Après tout, de tels salaires aideront des athlètes à renoncer à la NFL.
« Oui, je peux tout à fait imaginer ce choix. Il faut se sentir privilégié et reconnaissant de jouer dans la LCF. C’est une ligue formidable et on propose un spectacle exceptionnel », a reconnu Alexander alors que le plafond salarial grimpera dans les prochaines années.
Plus de chances pour Philpot?
Avec ses 1809 verges amassées en seulement 16 matchs, Philpot n’aurait pas pu envoyer un message plus clair aux équipes de la NFL.
« Je croise les doigts, bien sûr. J’attends une occasion depuis ma première année quand j’avais 22 ans après la saison 2022. Mais bon, pour l’instant, je n’y pense pas vraiment. Évidemment, tu veux terminer la saison et voir comment les choses évoluent. Mais oui, j’adorerais vraiment avoir cette chance », a exposé Philpot qui se démarque aussi par sa nature compétitive.
Selon les informations recueillies, Philpot pourrait être plus en demande qu’Alexander.
« Philpot pourrait être scruté par des équipes. Évidemment, il y a plus de receveurs par équipe. Il est aussi plus jeune que Davis (28 contre 26 ans) et il a réussi des attrapés exceptionnels », a confié une source.
« Le truc, c’est que les équipes de la NFL ne viennent pas chercher un joueur pour être un partant dans la NFL, mais plutôt pour combler un rôle tel un réserviste qui va commencer via les unités spéciales. S’il excelle, il pourrait ensuite devenir un partant », a précisé un contact.
« Si Philpot évoluait régulièrement comme retourneur sur les unités spéciales, il pourrait avoir encore une meilleure chance », a proposé un intervenant.
« C’est tellement dur de se tailler un poste et Philpot ne se démarque par son physique ni sa vitesse. Sans les départs en mouvement de la LCF, ce sera de voir s’il peut se démarquer de ses couvreurs », a ciblé un acteur du milieu.
On y revient, mais Alexander et Philpot sont heureux à Montréal et ils aiment le répéter. L’organisation a bien pris soin d’eux dans les moments difficiles comme le décès du père d’Alexander ou les blessures subies par Philpot.
Ajoutons un dernier point, l’une de nos sources a tenu à insister sur cet aspect qui peut s’appliquer à Alexander et Philpot.
« Plusieurs joueurs dans la LCF sont meilleurs que certains athlètes dans la NFL. Ils peuvent avoir obtenu une audition plus jeune, ils sont devenus meilleurs, mais ils n’ont pas reçu un autre appel. Ce n’est pas juste une question de talent, ça prend aussi de la chance et le bon timing. »