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L’imprévisibilité des séries dans la Nationale

Publié le 

COLLABORATION SPÉCIALE

À l’aube du début des séries de division dans la Ligue nationale, voici un aperçu des forces en présence.

Padres c. Brewers

Cette série sera du bonbon!

D’un côté, les Brewers ont remporté 103 matchs en jouant l’ABC du baseball de façon presque impeccable et avec, selon moi, le meilleur gérant du baseball, Pat Murphy. Ils sont aussi les favoris pour remporter la Série mondiale tout juste devant les Dodgers.

De l’autre, une équipe qui a pris les choses en main à compter de la fin du mois de juillet avec une fiche de 42-23, dont un impressionnant 20-3 pour conclure la saison avec 91 victoires.

Et les Padres ont transporté cette confiance en séries en balayant les Cubs. Mais la vraie question est celle-ci : sont-ils capables de battre Jacob Misiorowski à deux reprises?

Misiorowski lancera le premier match et serait également le partant des Brewers dans un éventuel match ultime.

Voilà tout un défi.

Les deux équipes possèdent également l’une des meilleures relèves du baseball. Oui, les Padres ont Mason Miller. Mais lorsqu’on regarde les statistiques de la saison, on constate que Milwaukee est tout aussi dominante dans les dernières manches. Il n’y a donc pas nécessairement d’avantage évident pour San Diego.

Les Brewers ont d’ailleurs mené la Ligue nationale au chapitre de la moyenne de points mérités et terminé deuxièmes pour les retraits sur des prises.

Milwaukee marque sans puissance

En attaque, Milwaukee marque des points. Beaucoup de points.

Les Brewers ont terminé deuxièmes de la Nationale avec 832 points, soit une centaine de plus que les Padres. Mais ils ont accompli tout cela sans frapper une tonne de circuits. En fait, ils ont terminé derniers de la Nationale et 28es dans tout le Baseball majeur avec seulement 154 longues balles.

Et si l’histoire récente des séries nous enseigne quelque chose, c’est que la longue balle devient souvent une arme presque indispensable lorsque les matchs se resserrent. Et justement, le trio formé de Fernando Tatis Jr., Manny Machado et Jackson Merrill est en pleine confiance.

Ceux qui les entourent, notamment Ty France et Gavin Sheets, ont également le vent dans les voiles. Ça donne une attaque qui pourrait devenir très dangereuse si elle continue de produire comme elle le fait actuellement.

Les chiffres contre le feeling

On peut comparer chaque catégorie.

Les victoires. Les points. Les circuits. Les releveurs. Les retraits sur des prises…. On peut sortir les chiffres, les analyser et tenter d’en tirer une conclusion logique. Mais il y a un élément qui ne se calcule pas vraiment.

Le fameux momentum.

Les Padres sont en feu. Ils jouent actuellement avec une telle confiance qu’il devient difficile, voire impossible, de savoir comment cette énergie se transposera dans les deux premiers matchs à Milwaukee. Et il y a un détail qui ne peut certainement pas être ignoré : les Brewers ont eu la meilleure fiche à domicile de tout le baseball avec 55 victoires.

C’est énorme.

Alors, comment s’y retrouver? Comment prédire cette série? La logique et les statistiques nous dirigent vers Milwaukee. L’énergie, le momentum et la synergie me poussent vers San Diego.

Et même si le baseball est un sport de statistiques et de probabilités, cette fois, je vais me fier davantage au feeling, au rythme et à l’énergie. Parce qu’il y a des choses qu’aucune statistique ne peut mesurer.

Ma prédiction : les Padres en quatre.

Et pourquoi les Padres en quatre? Parce qu’en cinq, ils risqueraient de revoir Misiorowski dans un match ultime. Et ça, je préfère l’éviter!

Braves c. Dodgers

Une saison de 100 victoires pour les Dodgers.

Et j’ai l’impression qu’ils sont encore mieux préparés cette année. L’expérience des deux dernières conquêtes les a peut-être aidés à ne pas paniquer lorsqu’ils ont connu un mois d’août plutôt ordinaire, avec une fiche de 13-14.

Tout s’est replacé en septembre : 18-7, dont 10 victoires à leurs 13 derniers matchs. Et lorsqu’on amorce les séries avec Tarik Skubal, Yoshinobu Yamamoto, Blake Snell et Tyler Glasnow, ça donne forcément confiance.

S’il y a toutefois un élément que les Dodgers devront surveiller, c’est leur courte relève. Le talent est là avec Tanner Scott et Edwin Díaz, mais est-ce que les résultats seront au rendez-vous? C’est une zone très grise en ce qui me concerne.

L’expérience, encore l’expérience

L’autre aspect qui m’intrigue est l’âge du cœur de l’attaque des Dodgers.

Freddie Freeman a 37 ans, Max Muncy 36, Mookie Betts et Teoscar Hernández 34, alors que Shohei Ohtani en a 32. Sans dire qu’il s’agit de leur dernier tour de piste ensemble, ces joueurs ont accumulé énormément de matchs de baseball au cours des dernières années. Et justement, cette expérience pourrait valoir de l’or en séries.

Gagner la Série mondiale deux années de suite est exceptionnel. La gagner trois fois de suite? Ça ne s’est pas vu depuis que les Yankees l’ont fait de 1998 à 2000. Mais si une équipe peut le faire, ce sont bien les Dodgers de 2026.

Ils savent ce que ça prend pour traverser quatre séries éliminatoires. Ils savent ce que ça prend pour gérer les moments difficiles. Ils savent surtout à quel point le niveau de préparation et de concentration doit être élevé lorsqu’on approche du championnat ultime.

Cette expérience ne garantit rien. Mais elle vaut beaucoup.

Et si Kyle Tucker devenait Kyle Tucker?

Et si Kyle Tucker décidait de redevenir… Kyle Tucker? Serait-ce la carte cachée des Dodgers? Tucker n’a pas joué jusqu’ici à la hauteur des attentes liées à son contrat. Mais nous savons tous que ce joueur possède un talent fou.

Et si les séries 2026 étaient justement l’occasion de se racheter? Ce n’est certainement pas impossible. Et si Tucker retrouve son niveau, l’alignement des Dodgers devient encore plus difficile à contenir.

Difficile alors de parier contre Los Angeles.

Les Braves devront frapper

Chez les Braves, on peut évidemment compter sur Chris Sale. Mais il devrait amorcer seulement le deuxième match et pourrait ensuite être utilisé en relève plus tard dans la série.

Tyler Mahle a été solide pour Atlanta, mais après lui, ça devient beaucoup moins évident au niveau des partants.

La relève représente certes une force de cette formation, mais il ne fait aucun doute que les Braves devront produire offensivement s’ils veulent surprendre les Dodgers. Ils viennent d’ailleurs de démontrer qu’ils en sont capables.

Dans le troisième et ultime match contre les Phillies, les Braves ont frappé trois circuits : un de trois points de Michael Harris II, une claque de deux points d’Ozzie Albies et un circuit solo de Matt Olson.

Et les lanceurs des Dodgers pourraient avoir les mains pleines avec cette attaque. Ronald Acuña Jr. peut également partir sur une séquence complètement folle avec tout le talent qu’il possède.

Les Braves ont de l’expérience et présentent une formation capable de donner des présences au bâton très professionnelles aux lanceurs des Dodgers. Ils ne seront certainement pas une proie facile. Mais je ne vois tout simplement pas comment les Braves pourraient venir à bout de Los Angeles.

Oui, tout se joue sur le terrain.

Mais cette profondeur chez les partants des Dodgers pourrait être déterminante, particulièrement au fur et à mesure que la série avancera.

Ma prédiction : Dodgers en quatre.

L’imprévisibilité des séries

Voilà pourquoi j’aime autant les séries éliminatoires.

On peut analyser les statistiques, comparer les rotations, évaluer les releveurs, mesurer la puissance offensive et regarder tout ce que les équipes ont accompli pendant 162 matchs. Mais en octobre, il y a toujours quelque chose qui échappe aux chiffres.

Une balle frappée au bon moment. Un mauvais lancer. Un jeu défensif spectaculaire. Un releveur qui devient soudainement intouchable. Un joueur qui décide de connaître les deux meilleures semaines de sa carrière. Et parfois, une équipe qui semblait avoir toutes les réponses se retrouve sans solution.

C’est ça, la beauté des séries.

La logique nous donne des réponses. Le terrain, lui, peut décider de nous rappeler qu’il n’y a jamais de certitude au baseball.

Mes choix sont faits. Maintenant, place au baseball d’octobre!