Connor McDavid : beau à voir
LNH jeudi, 29 oct. 2015. 17:41 vendredi, 28 mars 2025. 20:19« Je n'avais pas d'attentes » 1:36
EDMONTON - Benoit Pouliot convient qu’il est un hockeyeur choyé. Non seulement a-t-il la chance d’épier quotidiennement les faits et gestes de Connor McDavid, il a aussi, et surtout, le privilège d’évoluer au sein du trio piloté par la jeune sensation des Oilers. « Il n’a que 10 matchs d’expérience dans la Ligue. Mais après ces 10 matchs, je peux vraiment dire que c’est beau à voir », a lancé Pouliot croisé dans le vestiaire des Oilers jeudi matin.
Précédé par une réputation qui a fait de lui le joueur le plus attendu dans la LNH depuis que Sidney Crosby a donné ses premiers coups de patin avec les Penguins de Pittsburgh il y a déjà 10 ans, McDavid répond aux attentes. Non seulement affiche-t-il une récolte de cinq buts et 10 points après ses 10 premières rencontres dans la LNH, mais il s’est déjà hissé au rang de meilleur joueur des Oilers. Son nom est même déjà au centre de débats visant à l’associer aux noms des meilleurs joueurs du circuit.
« Il est encore très jeune, mais je ne suis pas inquiet. Il va exploser et oui il sera le meilleur », a ajouté Pouliot.
Connor McDavid ne comble pas seulement ses compagnons de trio Benoit Pouliot et Nail Yakupov, ses coéquipiers des Oilers et leurs partisans qui ont hâte d’encourager à nouveau un club dominant, le jeune homme comble aussi ses patrons. Nouvel entraîneur-chef des Oilers, Todd McLellan s’est dit nullement surpris par les exploits du jeune prodige.
« Avec tout ce qu’on a lu et entendu sur lui, il est impossible d’être surpris par ses performances, car il joue à la hauteur de tout ce qu’on disait de bien sur lui. Pour un joueur de son statut, une surprise serait associée à une déception. Et je peux vous assurer que nous sommes loin d’être déçus de ce qu’il nous offre en tant que joueur de hockey. Sur le plan personnel, Connor est l’égal de ce qu’il est comme joueur. Malgré ses 18 ans, il a beaucoup de maturité. Il se comporte aussi bien hors de la patinoire que sur la glace. Il comprend le hockey. Il comprend ce qu’on attend de lui. Il est déjà le catalyseur de notre équipe. Il a sa place au sein de son trio, il joue aussi en avantage et en désavantage numérique. Il est responsable, solide en défensive. Contre le Canadien jeudi soir, nous aurons recours à sept défenseurs. Il y aura donc un trou à remplir à l’attaque et il se pourrait très bien qu’il obtienne ce surcroît de travail, car il est prêt à l’assumer », a défilé l’entraîneur-chef visiblement heureux de pouvoir compter sur un joueur déjà aussi solide que Connor McDavid.
Assailli comme c’est le cas chaque fois que les portes du vestiaire des Oilers s’ouvrent pour faire entrer les journalistes, McDavid affiche une maturité qui dépasse largement celle dont on s’attend de la part d’un jeune de 18 ans.
Même s’il est près de quatre ans plus jeune que Ryan Nuggent-Hopkins, McDavid semble plus vieux que l’autre sensationnel joueur de centre des Oilers. Debout devant les caméras, avec sa barbe un brin longue, mais aux poils si fins qu’ils confirment qu’il sort à peine de l’adolescence, McDavid répond avec aplomb aux questions reliées à son rôle déjà crucial chez les Oilers, à ses performances et aux défis qui le guettent. Les réponses sont simples, mais réfléchies. Et bien qu’il ait à souvent les répéter, on ne sent pas que ces réponses soient apprises par cœur. Qu’elles soient préparées par les responsables des communications des Oilers ou une firme spécialisée en relations publiques. Il faut dire qu’avec ses performances affichées au fil des 10 premiers matchs, Connor McDavid peut laisser ses prouesses sur la patinoire parler à sa place.
Patineur exceptionnel
S’il multiplie les éloges quand il parle des qualités de son jeune joueur de centre, Benoit Pouliot assure que c’est la qualité de son coup de patin qui vient en tête de liste.
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« Il est déjà parmi les plus rapides patineurs de la Ligue. Je crois même qu’il n’y a personne qui soit aussi vite que lui pour trouver une deuxième vitesse afin de contourner des adversaires. C’est incroyable de le voir aller », assurait Pouliot.
Médaillé d’or aux Jeux olympiques de 2002 et champion du monde en patinage artistique, David Pelletier est aussi entraîneur responsable de l’amélioration du coup de patin des Oilers. Le Québécois originaire de Sayabec a lui aussi été impressionné par la vitesse et l’aisance sur patin de McDavid.
« Dès le premier entraînement, j’ai vu qu’il était dans une classe à part. Les jeunes d’aujourd’hui sont de bien meilleurs patineurs qu’avant. Pas juste sur le plan de la vitesse, mais de la force et de l’équilibre. Après ce premier entraînement, il est venu me voir pour me demander si je l’avais suivi et me demander aussi de lui donner des conseils pour corriger ses défauts. Il n’y avait pas grand-chose à corriger », racontait Pelletier, croisé sous les gradins du Rexall Arena jeudi matin.
Début de rédemption pour Yakupov
Si Benoit Pouliot profite à plein du fait qu’il évolue au sein du même trio que McDavid, il en va de même pour Nail Yakupov. Premier choix des Oilers et de la cuvée du repêchage de 2012, le Russe compte deux buts et neuf points à sa fiche personnelle. En maintenant cette cadence, Yakupov commencera à faire contrepoids aux critiques et déceptions associées à ses performances depuis son arrivée dans la LNH.
« C’est facile de jouer avec Connor. J’aime la vitesse et Nail est un rapide patineur aussi. Notre mandat est simple : demeurer en mouvement et trouver le moyen de nous libérer en zone offensive pour permettre à Connor de compléter des jeux. On a eu quelques matchs difficiles au début de la saison, mais les choses se sont replacées depuis. Ça devrait s’améliorer au fil de la saison. La seule chose qui soit plate, c’est qu’au-delà des statistiques on n’est pas en mesure de finir nos matchs avec des victoires », mentionnait Pouliot qui revendique deux buts et six points après dix rencontres.
Club en transition
Malgré la présence de Connor McDavid et de celles des autres jeunes vedettes comme Taylor Hall, Ryan Nugent-Hopkins, Nail Yakupov, Darnell Nurse, Leon Draisaitl – rappelé jeudi pour affronter le Canadien – et Jordan Eberle (épaule) dont le nom a été placé sur la liste des blessés à long terme, les Oilers n’affichent que trois victoires après 10 matchs.
« On doit prouver qu’en plus d’avoir des jeunes de talent notre équipe est en mesure de gagner. Le Canadien représente un gros défi pour nous. On doit battre des gros clubs comme Montréal pour passer à un autre niveau. Et dans l’éventualité d’une défaite, on doit être en mesure de l’analyser en donnant le crédit à nos adversaires et non en convenant que nous sommes responsables du revers », expliquait Todd McLellan lors de son point de presse matinal de jeudi.
Déjà que son club est jeune, McLellan doit composer avec des blessures. Une réalité qu’il refuse de brandir comme excuse.
« Les blessures permettent à ceux qui sont en mesure de le faire d’obtenir plus de temps d’utilisation. C’est en maximisant cette utilisation plus abondante et de meilleure qualité, qu’ils grimperont dans l’organisation. Même chose pour les jeunes appelés en renfort. Ils doivent profiter de la situation pour démontrer qu’ils ont leur place ici. Pour le moment, certains joueurs ne nous en donnent pas assez. C’est évident que la perte d’un gars comme Eberle fait mal à Nuggent-Hopkins et Hall. Mais c’est anormal que ce soient les joueurs qui viennent les rejoindre qui doivent les trainer. Ce sont eux qui devraient trainer les remplaçants. Ils doivent nous donner du meilleur hockey », a convenu le nouvel entraîneur-chef des Oilers.
On verra ce que Nugent-Hopkins, Hall, McDavid et les autres jeunes, et moins jeunes, Oilers seront en mesure de donner face au Canadien ce soir.
Cam Talbot sera devant le filet des Oilers. Il présente un dossier de deux gains et cinq revers cette saison et une fiche de 1-0-1 en carrière contre le Canadien.
Carey Price défendra la cage du Tricolore. Au surlendemain de son premier revers cette saison, Price aura plusieurs raisons d’être motivé contre les jeunes Oilers. Non seulement voudra-t-il venger sa performance de mardi, mais il est toujours en quête d’un premier gain en carrière à Edmonton (0-3-0). De plus, le gardien du Canadien a connu plus que sa part d’ennuis face aux Oilers depuis son arrivée dans la LNH comme en témoignent sa fiche d’une victoire seulement en sept affrontements (1-5-1), sa moyenne de 3,71 buts accordés par rencontre et sa moyenne d’efficacité de 85,7 %.