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Fowler et Reinbacher digèrent encore mal leur rétrogradation

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LAVAL – À partir du moment où Kent Hughes a confirmé que le Canadien commencerait sa saison avec seulement deux gardiens, le scénario où Jacob Fowler retournerait dans la Ligue américaine pendant que Samuel Montembeault aurait l’occasion de retrouver sa superbe dans la Ligue nationale est apparu comme l’un des plus plausibles.

D’une part, Fowler pouvait être renvoyé au club-école sans qu’on soumette son nom au ballottage. D’une autre, le Canadien avait tout intérêt à tenter de faire remonter la valeur de Montembeault avant de chercher à le soustraire de son effectif.

C’est logique, c’est rationnel. Et ce n’est rien que Fowler a le goût d’entendre.

Le jeune Américain a fait les gros yeux quand, après une sublime performance de 29 arrêts dans le premier match de la saison du Rocket de Laval, il lui a été suggéré qu’il aurait pu s’attendre à être sacrifié de la sorte pendant que le Canadien gérait la congestion à sa position.

« Je pense que j’ai traversé le camp d’entraînement comme n’importe qui d’autre, avec le but de gagner ma place dans l’équipe. Évidemment, je n’ai pas aimé la conversation qu’on a eue. Mais je crois que c’est mon travail, en tant que professionnel, de jouer où sont mes pieds. »

Fowler a joué 17 matchs dans la Ligue nationale la saison dernière. Il avait effectué un premier séjour à Montréal en décembre et janvier. Il avait alors compilé une moyenne de buts alloués de 2,62 et un coefficient d’efficacité de ,902.

Il avait été rappelé de nouveau à la mi-mars, après deux sorties difficiles de Montembeault. Il avait terminé la saison dans un rôle de soutien à Jakub Dobeš.

Le cerbère de 21 ans a effectué deux sorties durant le récent camp d’entraînement. Il a été parfait devant neuf tirs des Sénateurs d’Ottawa, puis a cédé deux fois sur 18 lancers contre les Sénateurs d’Ottawa.

« J’ai trouvé que j’ai bien fait. Je croyais que c’était assez bon pour avoir une place avec l’équipe, mais je suppose que ce n’était pas le cas », a-t-il laissé tomber dans le vestiaire du Rocket.

Reinbacher cachait lui aussi bien mal sa déception. Il s’était présenté au camp du Canadien armé d’une confiance en apparence inébranlable. Il le criait sur tous les toits : il ne faisait aucun doute dans son esprit qu’il était prêt à s’établir au prochain niveau. Ses performances dans le laboratoire du camp d’entraînement, que ça soit aux côtés d’Adam Engström ou de Lane Hutson, avaient semblé lui donner raison.

Le voilà plutôt de retour où il a disputé 95 matchs dans les trois dernières saisons. Sa rétrogradation en a surpris plusieurs, lui le premier.

« C’est ça qui est ça. Je ne peux pas changer leur décision et à partir de maintenant, je dois me concentrer sur mon travail quotidien ici à Laval. Ça ne sert à rien de penser au passé et à ce que j’aurais souhaité qu’il arrive. Je dois me remettre au travail et refaire mes preuves. »

L’entraîneur du Rocket, Daniel Jacob, a vanté le travail des dirigeants du Canadien pour « expliquer la situation » aux jeunes retranchés. Dans son rôle, il préférait ensuite leur laisser un peu d’espace pour respirer et accepter leur sort. Les prochains matchs lui donneront de la matière pour se relancer dans l’enseignement avec eux.

À la lumière du match de vendredi, il en aura un peu plus à faire avec Reinbacher.

« [Leur déception] est compréhensible. Dans le cas de David, qui est là, qui cogne à la porte, tu veux prouver ta valeur. Mais des fois, de trop en faire, ce n’est pas nécessairement ce qui va te rapporter. En troisième période, il a bougé sa rondelle plus rapidement, a sauté dans le jeu quand c’était le temps, a mieux défendu. C’est ce qui va le mener au prochain niveau. »

Reinbacher assure que ses idées sont à la bonne place et qu’il ne perdra pas la belle confiance qui l’habitait durant le camp d’entraînement.

« Je n’ai rien à perdre, pas vrai? Pourquoi est-ce que je ne serais pas confiant. Je connais mon talent, je sais ce que je suis capable de faire. Je dois simplement me présenter au travail à chaque jour avec un sourire dans le visage et apprécier ce que je vis. C’est un processus. Si tu perds, tu te relèves et tu réessaies. C’est la seule chose que je puisse faire. »